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Sondages en ligne : où est le problème ? OpinionGate (5)

dimanche 11 octobre 2009

On croyait qu’il y avait un différent méthodologique entre OpinionWay et les autres sondeurs sur la fiabilité des sondages en ligne même si cette querelle concernait aussi les coûts de revient et donc la concurrence entre instituts. Malgré la violence de la polémique soulevée par l’OpinionGate, il a cependant semblé que le différent était révolu. La fiabilité des sondages en ligne pour OpinionWay ? Non sans surprendre, ses dirigeants soutenaient que la chose était acquise, « l’attaque en règle contre internet ayant cependant perdu quelque crédibilité » (Le Monde 31 juillet 2009). Les réponses des concurrents suscitaient une plus grande surprise encore.

Tous d’accords ?

Les sondages en ligne ? Pas de problème se vantaient les dirigeants de TNS Sofres et Ipsos. Ils se livraient même à un jeu de surenchère. On ne vous a pas attendus, assuraient-ils, nous en faisons depuis longtemps et ils apportent une part importante de notre chiffre d’affaire. Histoire de bien montrer que l’on reste à la pointe, un élément de la présentation de soi pour les entreprises technologiques. En si bon chemin, les anciens sondeurs venaient même au secours du nouveau : c’est une mauvaise critique que l’on vous fait que d’attaquer les sondages en ligne. Est-ce à dire qu’ils font la même chose ? Justement non, mais aucun n’en parlait. Ils en font sur les études de marché. Là où personne sinon leurs clients ne leur demandent rien. Et donc, ils n’en font pas dans les études d’opinion. Pourquoi ne le disaient-ils pas ?

Il est vrai, loin de banales et tristes questions de méthode, que OpinionWay et ses confrères s’opposaient sur des sujets plus graves : qui avait réalisé la meilleure performance sur les élections européennes ? OpinionWay comme le prétendait OpinionWay ou TNS Sofres comme le prétendait TNS Sofres ? Le premier avait inauguré sa participation sur TF1 tandis que le deuxième avait inauguré la sienne sur France 2. Et surtout il était question de factures et de mœurs ou encore de déontologie, ce mot si souvent utilisé dans l’univers de l’argent qu’il en est forcément suspect. Ils faisaient donc semblant d’ignorer le débat sur les sondages en ligne.

Il y a donc bien une différence entre OpinionWay et ses confrères. Si ces derniers ne font des sondages en ligne que pour les études de marketing, c’est qu’ils se l’interdisent pour les études d’opinion. Or, ils ne peuvent exclure d’avoir à le faire. Ils savent trop bien que les sondages par téléphone sont plus coûteux et qu’ils deviennent d’autant plus coûteux que les contacts sont plus difficiles. Ils adoptent à cet égard le point de vue des fondateurs d’OpinionWay qui répètent le débat sur les sondages téléphoniques. Quand les sondeurs ont commencé à recourir au téléphone pour mener leurs sondages, ils ont été contestés. La principale critique portait sur le taux d’équipement inégal des ménages. Tant que les différences étaient grandes entre les groupes sociaux, la représentativité des échantillons était sujette à caution. La généralisation progressive du téléphone fit taire l’objection. Une telle critique a été reproduite à propos d’internet, provisoire et modérée car il suffirait d’attendre. On a donc entendu que c’était « encore un peu tôt » pour utiliser les sondages en ligne, selon un point de vue behavioriste qui exclut implicitement les biais spécifiques à ce mode d’interrogation. Or, il y en a.

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